- Auteur : Liliane Lurçat
- Éditeur : Editions du Rocher
- Dépôt légal : septembre 2002
- 210 pages
- Prix : 18,00 €
Le livre a pour sous-titre : "Nos enfants face à la violence des images". L'auteur, directrice de recherche au CNRS en psychologie de l'enfant a divisé son livre en quatre parties.
Dans la première partie intitulée "Mutation du mode de vie et mutation des personnes" elle plante en quelque sorte le décor dans lequel évolue l'enfant en mettant l'accent sur la crise que traverse actuellement la famille : famille recomposée ou bien réduite aux deux parents, sans le soutien de la génération précédente, voire à un seul parent et qui doit s'occuper davantage des enfants du fait de la réduction du temps scolaire et de la multiplicité des vacances. Cette famille en crise doit subir seule le poids des excès des médias, celui de l'échec de l'école ainsi que les effets de la violence urbaine et sociale. Par leur présence les médias ont détruit les remparts protecteurs du foyer : d'après une évaluation récente, 50% des enfants français disposeraient d'un téléviseur dans leur chambre.
La deuxième partie analyse la confusion qui se fait entre le vécu télévisuel et la vie réelle dans l'esprit de l'enfant téléspectateur assidu, ce que l'auteur appelle la déréalisation. C'est ainsi que l'on rencontre des enfants meurtriers qui peuvent tuer avec une absence totale de sentiments, la télévision les amenant à traiter des gens réels comme s'ils étaient devant un écran de télévision. Dans cette deuxième partie l'auteur aborde aussi bien d'autres effets de ce "bombardement émotionnel permanent" que constitue la télévision pour des enfants incapables de prendre du recul par rapport à ce qu'ils voient.
La troisième partie traite de la persuasion et des différentes techniques utilisées par les publicistes pour amener les enfants à faire pression sur les parents de façon à leur faire acheter tel ou tel produit. Mais ces techniques servent également à façonner l'opinion publique, qu'il s'agisse de politique, de faits de société ou encore de mode vestimentaire.
La quatrième partie est en fait le complément de la précédente et s'intitule : "L'envers de la persuasion : la suggestion négative." Cette suggestion négative vise à disqualifier des conduites jusque là en usage. L'auteur montre combien la télévision est un outil redoutable en particulier dans ce qu'elle appelle la levée des interdits, notamment dans le domaine de la sexualité. Elle conclue par un chapitre sur l'école en déplorant qu'elle ne joue plus son rôle d'éducation des automatismes de base dans les petites classes.