La chirurgie rurale condamnée ?
54 services hospitaliers de chirurgie risquent de fermer prochainement, si l’on en croit l’information parue dans le "Journal du dimanche". Il s’agirait des services où moins de 1500 personnes par an auraient été opérées entre 2007 et 2009. La plupart des services menacés se situent dans des zones à forte dominante rurale. Les décrets devraient paraître à la fin du mois de juillet.
L’information a été plus ou moins démentie par le ministère de la Santé : la liste des services concernés publiée par l’hebdomadaire n’est pas confirmée, et les services de lutte contre le cancer, ainsi que les services de gynécologie ne seront pas touchés, nous jure-t-on. Pourtant, comment ne pas voir là un nouvel épisode de l’effacement de la santé publique dans notre espace rural ?
Maintenant, pour la moindre intervention chirurgicale, certains devront parcourir une cinquantaine, voire une centaine de kilomètres, soit parfois près de deux heures de trajet. Pour les plus âgés, cela signifiera aussi la quasi-impossibilité d’aller visiter un proche ou un conjoint, soit par manque de moyens de locomotion, soit parce que le déplacement sera trop coûteux. Quant aux établissements hospitaliers locaux, ils ressembleront de plus en plus à de simples mouroirs.
Bien sûr, les arguments des autorités sanitaires sont sérieux, en dehors même de la simple logique comptable qui n’est pas négligeable (la chirurgie coûte de plus en plus cher). Il est avéré qu’un service où les opérations demeurent peu fréquentes est un service moins sûr, et cela concerne aussi bien les chirurgiens que les matériels. Des études le prouvent sans contestation possible.
Le député UMP Jean Léonetti, également président de la fédération hospitalière de France, assure que les restructurations seront examinées "au cas par cas et dans un esprit de dialogue" et on ne peut que le souhaiter. Mais le problème demeure, surtout en ces temps de dette sociale et de vieillissement de la population. Surtout une question redoutable va bientôt se poser : vivre à la campagne va-t-il devenir dangereux ?
La résignation devant un phénomène présenté comme inéluctable, serait la pire des choses. Il est urgent de réfléchir à l’avenir du système hospitalier en milieu rural.
